Ce témoignage est une reconstruction fidèle à partir de situations cliniques fréquentes. Les prénoms et détails ont été modifiés pour préserver l’anonymat.
Le début : « On ne sait plus quoi faire »
Quand Sophie et Marc contactent Justine, leur fils Léo a 7 ans. Le diagnostic de TDAH avec trouble oppositionnel (TOP) a été posé six mois plus tôt. Les parents sont épuisés.
Le quotidien ressemble à ça :
- Le matin : 45 minutes pour s’habiller, cris, retards à l’école
- Les devoirs : crises systématiques, cahier jeté, pleurs des deux côtés
- Le soir : coucher repoussé, négociations infinies, endormissement à 22h30
- Le week-end : sorties annulées à cause des crises en public
Sophie a lu des dizaines d’articles. Marc pense que « c’est un problème d’éducation ». Le couple est tendu. La grande sœur, Emma (9 ans), se fait discrète — trop discrète.
La première consultation
En guidance parentale, le premier rendez-vous ne porte pas sur l’enfant. Il porte sur les parents.
Justine pose des questions que personne ne leur avait posées :
- Comment vous sentez-vous, vous ?
- Qu’est-ce qui a été essayé ? Qu’est-ce qui a fonctionné, même un peu ?
- À quoi ressemblerait une « bonne journée » ?
Sophie pleure. Marc dit : « On a tout essayé. » Justine répond : « Ce que vous avez essayé, c’est normal que ça n’ait pas marché. Ce n’est pas vous le problème — c’est que personne ne vous a donné les bons outils. »
Semaines 1-2 : comprendre le cerveau de Léo
Premier module : comprendre le TDAH et le TOP. Pas dans un livre — dans le quotidien de Léo.
Sophie et Marc apprennent que :
- Léo ne refuse pas de s’habiller — son cerveau peine à initier une séquence de tâches
- Léo ne provoque pas — son système d’inhibition est immature
- Les punitions aggravent le TOP parce qu’elles nourrissent le cercle coercitif
Marc, sceptique au départ, a un déclic quand il comprend l’analogie : « C’est comme demander à un myope de lire sans lunettes, puis le punir parce qu’il n’y arrive pas. »
Semaines 3-4 : les premières stratégies
La routine visuelle du matin
Au lieu de répéter « habille-toi » 15 fois, Sophie crée un tableau avec des images : 1) toilettes, 2) habillage, 3) petit-déjeuner, 4) brossage de dents, 5) chaussures.
Léo regarde le tableau au lieu d’attendre les consignes. En deux semaines, le temps du matin passe de 45 à 25 minutes.
Le système de jetons (Barkley)
Pour les devoirs, Marc met en place un système de renforcement positif : chaque séquence de 10 minutes de travail = 1 jeton. 5 jetons = 15 minutes de jeu vidéo. Pas de retrait de jetons pour mauvais comportement — uniquement de l’ajout.
La première semaine, ça marche mal. La deuxième, Léo commence à demander ses jetons. La troisième, il fait 20 minutes d’affilée.
Semaines 5-6 : le couple et la fratrie
Justine travaille avec Sophie et Marc sur leur cohérence éducative. Ils découvrent qu’ils fonctionnent à l’opposé : Sophie surprotège, Marc sanctionne. Léo les monte l’un contre l’autre — sans malice, par réflexe.
Ils définissent 3 règles non négociables (sécurité) et apprennent à lâcher le reste.
Pour Emma, la grande sœur, ils instaurent un « temps Emma » : 20 minutes par jour, rien qu’avec un parent. Emma commence à parler de ce qu’elle ressent. Elle dit : « Des fois j’ai honte de Léo à l’école. » Sophie valide : « C’est normal d’avoir honte. Ça ne veut pas dire que tu es méchante. »
Semaines 7-8 : l’acceptation
Le module ACT est le plus transformateur — et le plus difficile.
Sophie travaille sur la pensée « si j’étais une meilleure mère, Léo irait mieux ». Elle apprend à l’observer sans la croire. Elle identifie ses valeurs : « être une mère présente et calme » plutôt que « être une mère parfaite ».
Marc apprend à accueillir la frustration sans la décharger sur Léo. Il pratique la pause STOP avant d’intervenir.
Trois mois après
Le quotidien n’est pas parfait. Léo a toujours un TDAH. Il fait toujours des crises — mais moins longues, moins intenses, moins fréquentes.
Ce qui a changé :
- Le matin : 20 minutes, routine autonome 4 jours sur 5
- Les devoirs : 25 minutes avec timer, sans cris
- Le coucher : endormissement à 21h avec une routine sensorielle (musique douce + couverture lestée)
- Le couple : Sophie et Marc « font équipe » au lieu de se contredire
- Emma : parle de ses émotions, a retrouvé un espace à elle
Sophie résume : « On n’a pas changé Léo. On a changé notre façon de répondre à Léo. Et ça a tout changé. »
Ce que ce parcours illustre
La guidance parentale ne promet pas de « guérir » un TND. Elle promet de vous donner les outils pour :
- Comprendre le fonctionnement de votre enfant
- Réduire les conflits quotidiens
- Préserver votre couple et votre fratrie
- Retrouver du plaisir dans la parentalité
C’est exactement ce que propose le Pack Accompagnement TND Expert : 8 semaines d’outils concrets, adaptés à votre enfant. Découvrir le programme.
Justine Delmarquette est psychologue clinicienne spécialisée TND depuis 20 ans. Elle accompagne les parents d’enfants TDAH, TOP et TSA en guidance parentale.